vendredi 28 juillet 2006 - Qu’est ce que le « possum control » ?
L’opossum est un animal touffu, de la taille d’un chat et qui d’ailleurs, sait grimper aux arbres de la même façon que celui-ci. Malgré toutes ces qualités intra sec ce putain de bestiau est australien (comme le slip de Dim !), il squatte tous les arbres de la native bush (terme local pour désigner la forêt préhistorique qui pousse sur cette île) et il bouffe à peu près tout ce qui lui tombe dans les pattes…Il a été introduit de façon artificielle sur cette belle terre néo-zélandaise par des hommes d’une origine inconnue, quoiqu’en disant qu’il s’agissait de nos amis les roost-beefs, on ne doit pas être loin de la vérité, mais qui arrivaient sans aucun doute d’Australie. Jusqu’ici la main de l’homme avait bien travaillé, sauf qu’en Nouvelle Zélande, il n’existe pas de prédateur naturel pour cet animal, dans cet écosystème.
Ainsi, nous nous trouvons dans le même cas que dans le « Cauchemar de Darwin » (là, c’est pour faire croire que l’on passe notre temps dans les salles de cinéma d’art et d’essai), sauf que les néo-zélandais ne pêchent pas l’opossum et n’expédient en aucune façon les filets de ces pauvres bêtes par avions cargos frigorifiques, pilotés par des russes alcooliques(accessoirement violeurs de putes), à destination de l’Europe ! Non, un sors bien plus affreux leur est réservé et croyez-en mon expérience de farmer néo-zélandais, il ne fait pas bon être un opossum au royaume des kiwis.
Quelques têtes bien pensantes et dont les doux cliquetis de la monnaie avaient vu en cette bête une manne financière forte intéressante, se lancèrent à corps perdu dans l’exploitation outrageuse de cet animal pour en faire des pulls en laine ou des socquettes hivernales pour touristes de passage. Bien que beaucoup plus douce que la laine de moutons, cette industrie ne semblait pas connaître l’essor de son prédécesseur. Peut-être aussi que notre Brigitte Bardot nationale était venue s’enchaîner aux arbres de Nouvelle Zélande (et Dieu sait qu’il y a des arbres dans ce pays et aussi vieux qu’elle) pour que l’on stoppe cette exploitation honteuse !
Toujours est-il que nos braves farmers se retrouvent obligés de supporter ces bestiaux et que pour eux c’est un réel problème. Comme nos confrères du lac Victoria, ils auraient pu se mettre à faire frire les têtes des opossums et à les manger. Non, rien de cela, restons simple…La première solution consiste alors à poser des pièges et à attendre que la bête vienne. Les pièges sont des boites de couleur jaune, hautes à mi-mollets. La couleur est très importante car l’opossum est un animal curieux (vous ne connaissez pas l’expression curieux comme un opossum ?) et c’est grâce à cette couleur que celui-ci va être attiré. Dans la boite, se trouve un appât : une pomme ou du beurre de cacahuète, à chacun sa technique. L’accès à l’appât se fait par un trou sur le côté de la boite, ainsi en y mettant son petit museau, l’animal va s’introduire au milieu d’une tapette géante qui va, une fois le festin terminé (ou plutôt en cours de festin), lui exploser les cervicales et lui faire le coup du lapin. Technique bien entendu sans douleur et certifiée conforme par notre amie Brigitte. En tout cas, il ne fait pas bon être un opossum curieux au royaume des kiwis.

Si vos âmes sensibles ont été choqués par les quelques propos préalables, il serait souhaitable que vous cessiez votre investigation, car le meilleur restant à venir, il faut bien que l’opossum curieux soit récompensé.
Le première méthode étant bien mais pas top, les gentils farmers de cette belle contré ont décidé d’en utiliser une, bien plus efficace. Au moment ou le ventre se tend et l’esprit s’alourdit du fait de la digestion nocturne, le farmer « malin » se dit, lui, qu’une petite marche digestive lui fera le plus grand bien…Il s’équipe de ses boots chaudes et étanches, prend sa lampe de 500 000 candelas, des cartouches de calibre 12 et la bonne vieille pétoire qui va avec. Il part donc sous le clair de lune, scrutant les arbres et les buisons à l’affût d’une paire yeux hagards (car l’opossum éblouit par 500 000 candelas est effectivement hagard (un peu comme un Sale Consultant d’HSBC)). Une fois celle-ci localisée, la promenade consiste à ne pas perdre le contact visuel et à se rendre à une distance de tir respectable (avec une pétoire de base et d’la cartouche à gros grain, 5 mètres ça arrache suffisamment). Une fois en place, cartouche chargée, visée ajustée, l’opossum n’oppose guère de résistance, il lève les pattes en l’air et se laisse tomber par terre (Pour avoir essayé, tirer un opossum à moins de 10 mètres n’est pas chose facile, j’ai raté 2 fois, surtout quand on ferme les yeux et qu’on sert les fesses à cause de l’appréhension du recul de l’arme, si si je vous assure les pétoires préhistorique ça a du recul et ça arrache l’épaule). Si jamais il faisait encore le mariole à terre, vous pouvez toujours lui remettre une p’tite giclé de plomb dans la gueule ou bien le finir à coup de cross (ça, ça dépend si vous êtes un peu short niveau cartouche ou pas). A ce moment plusieurs options s’offrent à vous, en premier laisser le bestiau sur place pour dissuader tout autre opossum de venir sur vos terres, mais cette technique n’a guère fait ces preuves et l’odeur qui s’en dégage (oui, l’opossum sent fort !) peut aussi dissuader vos voisins de venir vous voir. Autre option, se lancer dans l’industrie de la socquette, il faudrait alors passer votre temps à table pour vous offrir de longues promenades digestives mais votre ligne en souffrirait. Alors, comme tout bon farmer qui se respecte vous allez le donner à bouffer à vos cochons, car un cochon ça bouffe n’importe quoi et ça finit tout, même les opossums d’une provenance douteuse.
Par contre, lors du transport entre le lieux de l’exécution et la porcherie prenez garde à ne pas laisser traîner les boyaux de votre opossum, car ils pourraient bien se coincer dans des branches ou des buissons et vous risqueriez de vous prendre un retour d’intestin dans la gueule, c’est ce qu’on appelle ici la vengeance de l’opossum.
Le problème étant réglé, nous pouvons dormir paisiblement. Décidément, il ne fait vraiment pas bon être un opossum au royaume des kiwis !
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