lundi 13 novembre 2006 - Aparté
Un Bleu au pays des Blacks
La journée avait bien commencé sous un beau soleil et une douce température de printemps. Tout s’annonçait bien…Vivre un événement comme celui là, ici au pays des Blacks, le match de l’année, une finale de coupe du monde avant l’heure !
Depuis notre arrivée, la pression est montée petit à petit, le Tri-nations, la visite du musée du rugby, la rencontre de Tana Humaga, la New Zealand Rugby Union, le stade de Wellington…Bref ça sentait le gazon, l’huile camphré et la bande d’élasto. Et les Kiwis dans tout cela, gentils, accueillants et respectueux du XV tricolore et du french flair, mais encore meurtris de la défaite de la demie finale de 1999…C’était trop beau et j’avais vraiment foi dans les compétences de mon équipe. Un rêve de gamin, même si il n’y avait pas d’enjeu à part celui de vivre un moment magique et spectaculaire .
L’heure du match approchait et nous nous rendions au bar, le plus dur c’était quand même d’attaquer la bière à 9h00 du matin. La connexion était établi avec Lyon, les journalistes nous faisaient patienter avec leur blabla habituel, on apercevait même Nelson, bref on était comme à la maison…Les équipes sortent des vestiaires et là c’est l’émotion et les nerfs qui craquent entre le match, le bonheur de voir les deux équipes enfin rentrer sur le terrain, l’excitation du match et la distance de la maison, tout y est, on est contents d’être là et de vivre ça ici !
Dès l’entame, je sens que ça ne va être simple…les bleus sont anesthésiés et prennent des points…Je ne vous ferais pas l’analyse du match car il y des gens plus compétents que moi qui la feront, mais ce match m’a rappelé ceux que j’ai pu faire lorsque je rencontrais une équipe qui descendait d’une division supérieure. On passait notre temps à courir après le ballon, ils étaient toujours en sur-nombre, courraient plus vite, faisaient plus mal et on se prenait des sacrées déculottées. Aujourd’hui c’était pareil et j’ai eu la même impression que lorsque je quittais le terrain après ces fameux matchs. Pas d’énervement ou de haine, juste l’écoeurement de la correction et la douleur de la défaite. Les bleus ont lourdement perdu aujourd’hui, ce qui enrichira encore les statistiques des Blacks. J’ai eu mal pour la défaite, honte parce que mon équipe n’ait pas su produire un jeu qui est bien plus complet et intelligent que celui des Blacks et parce que nous avons fait bien rire tous les Kiwis pendant 80 minutes (j’ai d’ailleurs vu des supporters français virer leur coutille au court du match) .
Après la défaite vient la digestion (ou la gueule de bois !!!) et le renouveau. Chaque match est différent et on repart toujours de zéro. Les bleus auront sans à cœur de changer les statistiques la semaine prochaine et si ce n’est pas le cas, l’objectif reste de toute façon la coupe du monde, le reste est là pour amuser les journalistes sportifs et les statisticiens.
« Life is rugby » comme on dit ici !
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